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Afghanistan - L'histoire de Shakria

Loin de la ville de Kaboul et de tout établissement public, se trouve la communauté afghane de Qala-e-Fatoh. Dévastée par des années de conflit et de guerre, Qala-e-Fatoh compte parmi ses habitants certaines des personnes les plus vulnérables dans les environs de Kaboul. Shakria, 18 ans, vit avec son mari, ses beaux-parents et cinq autres membres de la famille. Malgré tout, le fait de vivre dans cette demeure en surnombre ne la dérange plus, maintenant qu’elle a un bébé en santé. Elle est débordante de joie lorsqu’elle parle de son bébé, sans toutefois oublier les nombreuses difficultés qu’elle a subies au cours de ses grossesses précédentes.

« J’ai perdu quatre bébés avant même de pouvoir les mener à terme, confie Shakria, en essuyant ses larmes. Ma belle-mère ne me permettait même pas d’aller parler à Uzra, l’éducatrice communautaire de CARE, qui s’est présentée à notre porte une première fois il y a un peu plus d’un an, se souvient Shakria. Mais je remercie le ciel tous les jours d’avoir donné à Uzra, la volonté et la détermination qui ont fait en sorte qu’elle revienne nous voir encore et encore. »
Uzra est une travailleuse qui fait partie du projet OMID (Opportunités pour le développement de la mère et de l’enfant) de CARE. Omid signifie « espoir » dans la langue locale. Uzra fait du porte à porte pour rejoindre 179 foyers chaque mois afin de diffuser de l’information sur la santé en matière de reproduction et pour aider les femmes afghanes à avoir accès à des soins de santé maternelle.

Dans la culture traditionnelle, il n’est pas habituellement accepté parmi les familles de s’adresser aux étrangers à propos de problèmes de santé périnatale. C’est pourquoi Uzra et ses collègues font souvent face à de vives résistances, comme ce fut le cas avec la famille de Shakria.

Il y a à peine un an, la belle-sœur de Shakria est morte pendant son accouchement, alors que Shakria elle-même ne pouvait pas mener une grossesse à terme. Malgré cela, Shakria et d’autres femmes de sa famille n’avaient pas le droit de voir un médecin ou un travailleur de la santé. En effet, les hommes ne croyaient pas à la nécessité de faire appel à une aide extérieure pour leurs femmes étant donné que leurs ancêtres ne sont jamais allés chercher une telle assistance auprès d’une personne étrangère.

Uzra a entrepris un travail avec les leaders de la communauté afin de pouvoir atteindre la famille de Shakria. Ces dirigeants ont finalement persuadé le mari de Shakria de s’entretenir avec Uzra. Celle-ci a réussi à convaincre cet homme et à l’émouvoir, car il a pu reconnaître qu’il ne souhaitait pas perdre sa femme de la même manière que sa sœur.

Grâce à une orientation de la part d’Uzra, Shakria est allée consulté un médecin. Ce dernier a découvert que Shakria souffrait de toxoplasmose, une infection du sang qui ne peut être traitée qu’avec un médicament particulier. Shakria et son mari ont reçu la recommandation d’attendre six mois avant que celle-ci puisse tenter une nouvelle grossesse. Six mois plus tard, lorsque Shakria est devenue à nouveau enceinte, Uzra lui a rendue visite régulièrement pour lui transmettre de l’information concernant les soins prénataux pour qu’elle puisse vivre une grossesse en santé et qui porte fruit.

Aujourd’hui, le fils de Shakria est un bébé heureux et en santé qui suscite beaucoup d’attention de la part de sa famille. Son père est fier d’avoir un enfant en bonne santé et tous sont reconnaissants envers Uzra, qui est devenue une amie de la famille.

En savoir plus sur la santé maternelle et ce que CARE est fait pour soutenir les mères saines partout.

 

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